Ceux de 14

Parfois, au sujet d'un événement historique, un seul livre suffit. A lui seul, il résume tout. Les autres ouvrages pourront apporter moult détails et précisions, l'essentiel a été dit. Car ce livre sort du coeur et des tripes de celui qui l'a écrit et il y a quelque chose de génial en lui. En ce qui concerne «la Grande Guerre» ce livre est, indubitablement, l'ouvrage de Maurice Genevoix 2839. Voici ce qu'en dit la critique Salsa Bertin : « Sur les champs de bataille, à l'heure où Alain-Fournier (l'auteur du « Grand Meaulnes ») tombait sous le choc des armes, un nouvel écrivain, tout juste sorti de Normal Sup, naissait à lui-même : Maurice Genevoix. A la tête de sa section du 106ème d'infanterie, aux côtés de ses soldats qu'il aime, qu'il regarde vivre et mourir depuis des mois, le sous-lieutenant Genevoix est blessé aux Eparges en 1915. Incité par son éditeur, il commence à écrire. « Ce que nous avons fait, c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes, et nous l'avons fait. »
Son premier opus, 2839, est une oeuvre décisive et magistrale, un récit à chaud, beau, juste, écrit pendant la guerre et juste après ; l'image d'une France meurtrie, décimée, brisée, mais, bien au-delà, le récit d'une France héroïque. Avec Genevoix, nous descendons dans les tranchées, avec lui on entend les cris, les plaintes, le sifflement des balles, on sent l'odeur fétide de la mort, on ressent le froid et la faim' (') Le miracle est de faire sourdre de l'horreur une tendresse déchirante qui jaillit à chaque page du grand drame en cinq actes de 2839.
C'est cette dimension d'amour qui fait de ce récit si réaliste le meilleur témoignage, par ailleurs écrit dans une langue admirable, sur ce mystère de souffrance que fut la Guerre de 14.


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