Lettres du pays de Narnia. C.S. Lewis écrit aux enfants

mai 2020

134 pages

14 euros

imprimé en France

Quel enfant n'a jamais rêvé recevoir une réponse personnelle de son auteur favori ? Qu'il s'agisse du temps qu'il fait ou de conseils d'écrivain à écrivain, C. S. Lewis trouve la juste distance, celle de la complicité respectueuse. Avec simplicité, il prodigue quelques conseils pour mieux lire et mieux écrire, dissipe une incompréhension et conclut le plus souvent en se confiant aux prières de son jeune interlocuteur.
L'immense attention accordée aux enfants, la tendresse et l'humour (anglais) qui émanent de cette correspondance laissent deviner une très belle personnalité.

Ce livre est inclassable : ni essai, ni roman, ni témoignage, ni biographie ! Quoi alors ? Florilège épistolaire serait la définition la plus juste.
La lecture de l'introduction s’avère passionnante, fort utile avant de se plonger dans les lettres car elle en dessine le contexte historique et biographique de C. S. Lewis. « Pendant plus de vingt ans, des piles de cartes et de lettres étaient livrées chaque jour, hormis les jours fériés, aux Kilns, la demeure de briques rouges de M. Lewis. À mesure que le courrier arrivait, le professeur se mettait à son bureau et répondait à ses correspondants. Il passait réellement une heure ou plus chaque matin à lire le courrier et à rédiger ses réponses. »


Professeur d’anglais et de littérature au Magdalen College de l’université d’Oxford, il avait déjà publié quinze ouvrages au moment où il commença à écrire ces lettres, en 1944.

Découvrir ses livres :
Le Monde de Narnia, sept tomes : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique · Le Prince Caspian · L'Odyssée du Passeur d'Aurore · Le Fauteuil d'argent · Le Cheval et son écuyer · Le Neveu du magicien · La Dernière Bataille

Quelques extraits de lettres :

Oxford, 7 mai 1954
Chère Joan,
Merci pour ta lettre et les images. Tu as vraiment de la chance d’avoir une armure : j’aurais aimé en avoir une quand j’étais jeune garçon, mais je n’en ai jamais eue. Le genre que tu portes irait encore mieux à des Vikings, etc. qu’à des chevaliers
du roi Arthur. Quant à la question de savoir s’il y aura plus de sept tomes sur le monde de Narnia, n’est-il pas préférable de s’arrêter lorsque les gens en demandent davantage plutôt que de continuer jusqu’à ce qu’ils s’en lassent ?
Affectueuses pensées,
Bien à toi
C. S. Lewis

Dans celle-ci, C.S. Lewis prodigue quelques conseils d’écrivain à une jeune plume.

(…) Voici ce qui importe :
1. Essaie toujours d’utiliser un langage qui exprime clairement ce que tu veux dire et veille à ce que ta phrase ne puisse pas signifier autre chose.

2. Préfère toujours le mot simple et direct au mot long et vague. Tiens ta promesse au lieu de la mettre en œuvre.

3. N’emploie jamais de substantifs abstraits quand un substantif concret fait l’affaire. Si tu veux dire : « Davantage de personnes sont mortes », ne dis pas : « La mortalité s’est accrue. »
4. Lorsque tu écris, n’utilise pas d’adjectifs qui nous disent simplement ce que nous devons ressentir à propos des choses que tu décris. Je veux dire qu’au lieu de nous
expliquer qu’une chose est « terrible », décris-la de telle façon que nous soyons terrifiés. Ne dis pas que c’était « merveilleux », mais fais-nous dire : « C’est merveilleux ! » quand nous avons lu la description. Tu vois, tous ces mots (terrifiant, merveilleux, hideux, exquis) ne font que dire à ton lecteur : « S’il te plaît, est-ce que tu veux faire mon travail à ma place ? »
5. N’emploie pas de mots trop importants pour le sujet. Ne dis pas « infiniment » quand tu veux dire « très », sinon il ne te restera plus de mot quand tu voudras parler de quelque chose de véritablement infini.

Avec toute mon affection,
Bien à toi,
C. S. Lewis



ISBN 9782740322284