Au printemps 1945, alors que l’issue de la Seconde Guerre mondiale semble proche, les puissances alliées réfléchissent à l’après-guerre. L’éradication du nazisme des esprits et la réconciliation en Europe apparaissent comme nécessaires à une paix durable.
Le chaos est général et les atrocités commises par les nazis commencent à être connues par la population. Les vainqueurs doivent veiller au sort des prisonniers de guerre. Parmi eux se trouvent de nombreux séminaristes ou religieux en formation, qui ont dû interrompre leurs études. Leur vocation a été parfois fragilisée. Comment reconstruire un clergé allemand décimé par la guerre ?
Une poignée d’hommes va soutenir ce projet politique et spirituel et permettre la création de ce que l’on appellera plus tard « le séminaire des barbelés ». Ce séminaire situé d’abord à Orléans puis au Coudray, non loin de Chartres sera constitué de prisonniers de guerre allemands, à l’intérieur même d’un camp de prisonniers.
C’est donc l’histoire d’une œuvre unique, d’une initiative audacieuse portée par des hommes habités par la foi : l’Abbé Rodhain, aumônier général des prisonniers de guerre, le général Boisseau, directeur général et inspecteur des prisonniers de l’Axe, Monseigneur Roncalli, nonce apostolique en France et futur pape Saint Jean XXIII, Monseigneur Harscoët, évêque de Chartres… Le supérieur de ce séminaire qui s’organise dans des conditions matérielles et morales très difficiles sera l’Abbé Franz Stock, déjà épuisé par les épreuves endurées comme aumônier des prisonniers condamnés à mort sous l’Occupation. Il a accompagné plus de mille résistants fusillés au Mont Valérien.
Les prisonniers affluent. Entre 1945 et 1947, 950 séminaristes y seront formés, dont 630 futurs prêtres, 4 évêques et 2 pères abbés.
Une lecture passionnante, sur un épisode méconnu de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la reconstruction spirituelle de l’Europe.



