Une femme contemple celui que l’on imagine être son tout jeune enfant et tire délicatement le voile transparent de son berceau, comme pour le protéger. Peint en 1872, ce tableau de Berthe Morisot fut exposé en 1874 au premier Salon des « indépendants », peintres appelés plus tard les « impressionnistes ».
L’auteur prête sa plume à la jeune maman représentée sur le tableau, Edma, sœur chérie de Berthe.
Comme si elle s’échappait du cadre du tableau, Edma raconte au lecteur l’enfance et la vie de sa sœur : une vie consacrée à la peinture, à « l’instant inachevé », mais aussi et de façon inséparable à sa famille et à ses amis. Stéphane Mallarmé aura ces mots à propos de la peinture de sa grande amie : « La féerie, oui, quotidienne ». Berthe Morisot a peint la beauté autour d’elle : des scènes intimes, des visages familiers, des paysages. Elle épousa Eugène Manet, frère d’Edouard. Ses amis étaient pour elle comme une grande famille ; ils furent nombreux et portent aujourd’hui des noms prestigieux : Edouard Manet, Degas, Renoir, Pissaro, Monet, Mallarmé.
Au fil des pages, le lecteur entre ainsi dans l’intimité et l’histoire de l’impressionnisme. Les nombreuses citations de critiques d’art et les extraits de correspondance, remarquables par leur poésie et leur qualité d’expression, créent une atmosphère délicate et vraie.