Le travail de maçon du père ne nourrit plus la famille Baudrier qui vit dans le Perche bien loin de la Cour de France où Louis XIV vient de monter sur le trône. Les guerres de religion du siècle passé ont entraîné le pays dans la famine. Des voisins ont déjà migré au Canada, cherchant subsistance sinon fortune par-delà l’océan. En l’an 1657, la décision est prise, c’est le grand départ. Jacques, le fils de 14 ans, croit mourir pendant la traversée, à l’instar de tous ces pauvres gens embarqués avec le minimum, des rêves plein la tête. Enfin la terre du Nouveau Monde est en vue ! Très vite après l’installation de la ferme, le garçon est attiré par la vie austère de trappeur.
Il caresse un espoir rapidement éteint de nouer une relation avec une fille du Roi, apparue comme une reine à sa descente de bateau, mais qui lui est soufflée par un crétin prétentieux. Le cœur lourd, il réalise aussi qu’il n’a que peu d’attrait pour les travaux des champs et la charrue. Aussi, Jacques choisit les montagnes inhospitalières et la trappe (entendez le métier de trappeur).
Un vieux piégeur devient comme son frère. Le gel, la faim, la peur et les relations délicates avec les tribus indiennes sont le quotidien qu’il conte au lecteur, dans la langue fleurie de l’époque, au soir de sa vie, tout étonné d’avoir atteint l’âge de 80 ans en dépit de ses aventures. Un glossaire éclaire en détail certaines expressions.
L’univers de ces hommes rustres, prompts à dépenser un an de trappe en une nuit de beuveries, peut sembler étriqué. Il est en fait un espace infini de liberté.
Ce court roman est idéal pour lancer ou relancer le plaisir de la lecture à partir de 11 ans, ainsi que pour des adultes.



